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Hey kikou et bienvenue dans mon univers . . . celui de Final Fantasy !

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# Posté le mercredi 29 avril 2009 13:42

Modifié le mardi 05 janvier 2010 05:14

final fantasy ? ?

final fantasy ? ?
Final fantasy est un jeu vidéo de rôle (rpg) sorti a l'origine sur nes en 1987. Contre toute attente le jeu connu un franc sucée est ainsi il permis a ce jeu de devenir une série mondialement connu !


L'histoire des 5 premier final fantasy est presque la même:

Le monde a été crée part 4 cristaux celui du feu,de l'eau,du vent et de la terre est avant même que vous ne puissiez jouer vous voyez une séquence ou l'on voit l'un des cristaux se détériorer, la vous incarnez plusieurs héros, vous rencontrer bien assez top un cristal qui vous dira que c'est vous l'élue qui sauvera le monde..... ainsi commence notre quête...dans votre aventure vous aurez des métiers comme mage blanc, noire ect... mais dans le 2 les metiers ne sont présent et dans le 4 ils sont imposés


Final fantasy 6

Ont peut dire que c'est le FF d'évolution car il n'y a plus de cristaux, ni de métiers.
Cette histoire ce déroule 1000ans après la guerre de la magie est "l'empire" veut controler le monde avec ce que l'on appelle de la magitek.Vous incarner au debut du jeu un jeune femme nommé Terra ! elle ne sait plus qui elle est et vous aller le découvrire durant l'aventure ! Mais le véritable ennemi n'est pas celui que l'on pense . . .a vous de jouer pour découvrire tout sa. Ceux final fantasy a 14 personnages jouables ce qui nous fait quand même le seul de la saga avec autant de personnages.


Final Fantasy 7

(Pour ma part il est le meilleur) C'est le tout premier final fantasy en 3D ceux qui est a l'époque magnifique avec des images de synthèse ors du commun !
L'histoire de celui ci est très accrocheuse, on a toujours envie d'en savoir plus (c'est bon j'explique =) )
La shinra est une sorte d'organisation qui pour mieux vivre utilise l'énergie mako (l'énergie de la planète), petite a petit celle ci se meurt mais un groupe de résistant appelé Avalanche détruira 2 secteur qui pompes l'énergie de la Terre. Dans ce même groupe de résistant il y aura une fille du nom de Aeris aux quelle vous apprenez que c'est une "ancien" (les ancien doivent nous amenez a la terre promise ( pleine d'énergie mako)) La shinra étant au courant va vouloir la capturée pour l'étudié
Mais la shinra n'est pas le principale ennemi mais le véritable "final boss" est Sephiroth un ancien mercenaire de la shinra qui pétera sont câble est va vouloir détruire la planète avec un météore, Aeris est la seul a pouvoir l'arrêter mais un événement tragique va tout foiré les plans d'aeris...


Final fantasy 8

C'est un final fantasy basé plus sur l'amour que autre chose ^^ il est le plus compliquer de la série car on ne sais jamais tout de cette fabuleuse histoire dailleur c'est pour cette raison qu'il fu pas trop aprecier par de nombreux joueur mais pour ma part il reste le 2e meilleur !

Final fantasy 9

Un retour a l'ancienne je dis sa car dans cette épisode les métier seront de retour ^^ mais ils seront imposé
l'histoire se base plus sur la peur de la mort je m'explique le "méchant" veut fusionné 2 monde vous accourez pour l'en empêchez mais ils vous annonce que la fusion est imminente donc nos héros vont mourir (est ui
c'est ainsi) celui qui sera a la cause de votre mort n'est pas le boss de fin, le vrai est tout simplement la mort, en le tuant ils auront vaincu la mort est donc ils n'auront plus peur de celle ci est mourront heureux (faut pas abuser lol) a la fin du générique de fin on voit les 2 planète fusionné !


Final fantasy 10

Histoire aussi basé sur l'amour, tout les 100 ans un monstre appelle "sin" fait des ravages sur la Terre l'élue le poursuivra est le tuera ! Sauf que le sin en question et ben c'est le père du héro !


Final fantasy 11

(le seul que je n'est pas jouer, normale il et payant ) Il est un épisode assez bizarre est il ce joue en ligne
également très long a expliquer je vous invite a allez sur Wikipédia


Final fantasy 12

Final Fantasy XII se déroule dans le monde imaginaire d'Ivalice, où deux puissants empires, Rozarria et Archadia, se disputent la domination des terres. Le jeu débute deux ans après qu'Archadia ait annexé le petit royaume de Dalmasca. Dans ce contexte général, le jeu se concentre sur Vaan, un jeune aventurier dalmascan qui rejoint le mouvement de résistance de la princesse Ashe contre l'empire archadien.



Et oui je peut m'en venter maintenant ^^ je possède tout les final fantasy même les dérivés :D et oui je sais que c bien :)

# Posté le mercredi 29 avril 2009 15:18

Modifié le mardi 05 janvier 2010 05:38

le mystere d' ultimecia (ff dream) part 1

Voici une hypothèse sur la transformation de Linoa : on peut imaginer, lors de la compression du temps à la fin du jeu, que Squall ne parvient pas à la retrouver, et qu'il meurt de chagrin (ce qui se passe d'ailleurs dans la vraie fin, avant que son amour ne le "réveille" au lieu promis). Il peut très bien mourir de vieillesse aussi. Son chevalier ayant péri, Linoa devient maléfique, ses ailes de sorcière deviennent noires, et elle se transforme en Ultimecia. D'abord désireuse de retrouver son amour perdu, elle décide de déclencher une compression du temps, pensant ainsi le ramener du passé. Elle place bien évidemment son château au lieu de la promesse, l'orphelinat.



Mais l'attente se faisant insupportable et la folie prenant le dessus, les voeux de retrouvailles d'Ultimecia s'estompent, et la compression temporelle lui servira à annihiler l'univers. Pour parvenir à ses fins, elle utilise la machine que Geyzer (qu'elle a connu à Esthar, ville rarement approchée, tandis quelle était encore Linoa) a conçu sur le modèle des pouvoirs d'Ellone ; inutile de s'attarder sur toutes les manipulations qu'effectue Ultimecia, étant donné que c'est explicite dans le jeu. Une fois la compression activée elle rencontre ses anciens amis les Seed, venus comme prévu la tuer et ayant déjà éliminé les sorcières appartenant à différentes époques, empêchant ainsi Ultimecia d'en prendre le contrôle. Mais l'aspect maléfique de sa personnalité ayant complètement pris le dessus, elle ne parvient pas à se remémorer Squall : elle se souvient seulement de ce qui symbolisait son amour. Elle utilise ainsi la bague pour invoquer Griever, puis fusionne avec. Une fois cette forme vaincue, Ultimecia et les héros se retrouvent au coeur de la compression dans l'espace. Ultimecia n'à plus de visage, et son corps est scindé en deux parties (l'une des deux absorbe l'autre, d'ailleurs. Est-ce le combat des personnalités de Linoa ?). Mais ce combat lui fait recouvrer la mémoire, et elle entame un monologue (qui s'achève par un "Et..." des plus frustrants) visiblement destiné à Squall. Le passage où elle dit "Le temps s'écoule comme du sable" fait peut-être référence à une hypothétique mort de vieillesse de Squall.
Après avoir été vaincue, Ultimecia doit léguer ses pouvoirs avant de décéder : elle retourne donc sur le lieu de la promesse, comme si sa mémoire lui était revenue, et tombe sur Edea, à qui elle fait don de sa magie. Squall, perdu dans la compression temporelle, ne parvient pas à rejoindre l'endroit de la promesse, et ne se rappelle pas le visage de Linoa (est-ce dû au combat contre la forme finale d'Ultimecia ?). Il meurt alors de chagrin, mais sa chère et tendre le retrouve et le ramène à la vie. Voilà, c'était une courte interprétation du rapport Rinoa / Ultimecia, qui reste somme toute assez ambigu, et avec quelques incohérences ou plutôt incompréhensions (le début du monologue du dernier boss, le rapport entre Griever et "le cauchemar des héros", la volonté de tout détruire lors de la compression, etc.). C'est là où se situe toute la richesse de l'histoire de FFVIII, dont la portée philosophique n'est plus à démontrer (malgré ce que disent certains rabat-joie), mais à étudier.


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# Posté le mercredi 20 mai 2009 06:19

le mystere d' ultimecia (ff dream) part 2

FINAL FANTASY VIII : LES DESSOUS D'UNE HISTOIRE


I. CONSIDERATIONS PREMIERES


I.1. Indices généraux


Deux éléments sont primordiaux pour comprendre l'histoire de Final Fantasy VIII : le pendentif Cronos (il y a aussi une bague), porté par Squall tout au long de l'aventure et apparaissant à l'écran titre ; aussi, la promesse que fait Squall à Linoa lors de leur entretien à l'orphelinat au cours du troisième disque.


Cronos ou le lien mystérieux... Une promesse longue durée

Disons-le d'emblée : Linoa et Ultimecia sont une seule et même personne.
C'est la révélation majeure qui aide à saisir la pertinence du choix qu'a fait Square de proposer Ultimecia comme ennemi final, choix qui reste mal compris tant que ce propos-ci, ou plutôt ce qui l'alimente, n'est pas entendu. Il est vrai qu'on ne rencontre vraiment Ultimecia qu'au moment du dernier affrontement, et vaguement au terme du disque 2 après le face-à-face avec Edea ; ces courts instants n'allouent aucun background à priori à la prêtresse du futur, contrairement à l'épouse de Cid. Quels peuvent être les arguments de cette identification d'Ultimecia à Linoa? Ils sont disséminés dans le jeu entier. Les premiers mots à lire dans la cinématique d'introduction correspondent à la promesse de Linoa à Squall, un monologue intérieur qu'elle se fait au milieu d'une prairie (cette même prairie apparaissant à la fin du jeu, suggérant le caractère cyclique de l'histoire, que je vais développer), qui fait d'ailleurs écho à la même promesse que lui fit son mercenaire préféré à l'orphelinat d'Edea :

"I'll be there. I promise" (Si tu me cherches, je te promets d'être là).

Il faut donc voir dans cette promesse un élément important du scénario, plus qu'un choix poétique pour la mise en scène d'introduction.
Lorsqu'on va reparler à Edea au début du troisième disque, après la confrontation obligée, elle dit qu'Ultimecia est hostile car en quelque sorte délaissée ; Edea elle-même reconnaît que la possession de pouvoirs magiques est une lourde responsabilité, et que le sorcier peut être tenté de les dévier de l'intérêt universel, auquel de tels potentiels sont pourtant dévolus par nature. Le seul vaccin qu'Edea reconnaisse contre la corruption du sorcier est une personne, à qui il puisse entretenir une relation de proximité, malgré un destin de solitude assez inévitable. Edea explique que c'est l'amour de Cid, donc son "chevalier", qui lui valut de rester toujours sur le "droit" chemin, et que d'amour Ultimecia en a vraisemblablement été privée, du moins c'est ce qu'elle suppose.

I.2. Déterminations

Il faut, avant de continuer, que j'approfondisse mon point de vue par rapport au statut des sorcières et chevaliers. Dans des dialogues on parle de la mission du Seed : "Dans le Garden pousse le Seed, destiné à combattre la sorcière". Il apparaît que, malgré le nombre de sorcières et sorciers cités, l'on s'entête à parler des représentants de ce statut au singulier, sans indiquer, si elle est possible et comme elle n'est jamais démentie, leur nombre existant dans la simultanéité. Les sorciers dans Final Fantasy VIII sont d'ascendance divine (notons également la synonymie admise dans le jeu, entre les termes "sorcier", "magicien", "nécromancien" et "prêtre", qui suggère vraisemblablement différents aspects de la fonction au monde des entités particulières telles qu'Edea). Ils descendent en effet de Hyne, créateur du monde et premier sorcier de l'Humanité, qui transmit ses pouvoirs à quelque élu, pouvoirs qui se transmirent encore, de génération en génération.
Dans de nombreuses religions, telles que celle des Incas par exemple, les descendants d'un dieu sont considérés de nature divine eux aussi (chez les Incas il s'agissait de l'empereur, ou Fils du Soleil). Je pense que c'est la raison pour laquelle on use du singulier pour citer les sorciers de l'Histoire, parce qu'ils sont en fait de nature exceptionnelle et divine : même dans le cas de religions polythéistes, comme celle des grecs anciens, les spécialistes s'accordent à ramener les différents dieux aux différentes facettes d'une même entité divine. De la même manière, le Père, le Fils et le Saint-Esprit ne font qu'un dans la religion chrétienne, comme nous le savons. On peut sans doute comparer Jésus-Christ aux personnes occupant le statut de nécromancien, dans la mesure où Il est Dieu incarné ; Dieu venu laver les péchés du monde, en se soumettant au devenir et s'exposant à la mort. Cependant, sa résurrection annoncée suggère que "l'âme" de Jésus, qui est aussi sa nature divine habitait son corps puis lui a survécu. Le divin échappe au devenir, ainsi les pouvoirs de Hyne survivent à la mort d'un "avatar" temporaire. On entend par "avatar", l'enveloppe charnelle qui est liée à des pouvoirs magiques. Ce terme, car il exprime bien le rapport qu'on peut qualifier d'osmose, qui unit cet avatar aux pouvoirs. L'avatar n'est donc pas qu'un "porteur". Relativement, les termes néologiques "avatarisation" et "avatariser" seront proposés dans des cadres bien précis, signifiant respectivement l'incarnation osmotique des pouvoirs en un avatar, et le fait d'intégrer [en soi] leur nature, et les potentiels relatifs.

N.B. 1. Le terme "investi" sera utilisé dans le cas bien précis où un sorcier a été possédé par un autre. Ce qui, en dehors de la compression, n'assure pas de réelle avatarisation du pouvoir par le "possédé".
2. Le terme "replica" désigne un être pris dans une répétition de lui-même, lors de la rencontre simultanée de plusieurs de ses moments d'existence. C'est la conséquence d'une irrégularité temporelle, à cause déterminée. En dehors de la mise en présence réelle de "clones", il existe évidemment des décalages, dus au décalage temporel qui sépare les replicas. Nous nous en tiendrons à considérer l'être des replica- d'une manière volontairement idéaliste- et non leur état physique ou moral d'un moment, pour les identifier comme existence unique.


Adel et Linoa fusionnées
(fin du disque 3)
Dans le jeu, on n'a affaire officiellement qu'à un seul cas de coexistence dans le même espace-temps de deux magiciens (Edea avec les pouvoirs reçus durant son enfance et Adel, d'une part: la fin du troisième disque me semble indiquer que leurs pouvoirs respectifs ne devaient former qu'un à l'origine, vu qu'Adel et Linoa y fusionnent, puis que seule cette dernière survit, emportant logiquement en elle la somme des pouvoirs réunis vers son éventuelle métamorphose en Ultimecia- on peut en déduire, dans cette histoire cyclique, qu'Adel hérita ses pouvoirs de la prêtresse du futur, ce que j'expliquerai), avant qu'Ultimecia ne transmette ses propres pouvoirs à Edea puis à Linoa, forçant la coexistence à l'état de nécromancienne d'Edea (puis Linoa) et Adel, souverain(e) hermaphrodite d'Esthar. Ladite coexistence m'apparaît comme une transgression, conséquence de la haine d'Ultimecia. La sorcière d'une époque possède la divinité (dans le sens de qualité divine) y correspondant au niveau temporel, on assiste donc à une sorte de représentation de Dieu sur Terre, Hyne n'étant plus présent au monde qu'à travers les pouvoirs cédés aux hommes, d'où le titre de "prêtresses" pour les sorcières, et, vraisemblablement, de "prêtres" pour leurs homologues masculins, s'il en fut ; on en retiendra l'évocation d'une certaine religiosité de la fonction du magicien. Insistons sur un fait : ce sont les pouvoirs des sorciers qui ont cette qualité divine, pas les sorciers eux mêmes. La divinité des pouvoirs est confirmée par l'impossibilité pour un sorcier de mourir sans les transmettre, car si son corps peut s'évanouir, ce n'est pas le cas de sa "magie". "Avatarisés", donc métabolisés par l'avatar, les pouvoirs ne restent en osmose avec lui qu'un temps donné. Au terme de cette période, ils pourront se désolidariser complètement de l'ancien avatar, de même celui-ci ne conservera rien de magique en lui. Bien sûr, il lui sera encore possible de recourir à ce qu'on nomme "Para-Magie".

I.3. Nécessité de relation

Le statut de sorcier est exceptionnel et lié au devenir du monde, amené à le réguler au même titre que celui de chevalier- ce dernier étant de nature à canaliser la puissance du sorcier de son époque, et épargner au monde des transgressions comme celle d'Ultimecia. Je n'ai aucun mal à imaginer qu'une personne humaine investie de pouvoirs cosmiques, réclame un rapport intense à autrui. Car l'inadéquation de l'avatar est double : inadéquation à la substance (l'universel, auquel ont trait les pouvoirs) et à l'ensemble de la réalité concrète. L'empathie avec un être humain (dont la place dans l'ordre du monde est moins significative) est une façon d'échapper à cette véritable "mise en balance" du magicien, bloqué par sa nature ambivalente entre le divin et l'humain. Le sorcier a besoin d'amour pour manifester son humanité et pencher vers elle. Sans relation, il devient inhumain en oubliant sa part d'humanité.


Squall perdu
Edea a eu Cid, et fut bienveillante jusqu'à sa possession par la prêtresse du futur, Adel (son hermaphrodisme semble le souligner) était seul(e) avec elle/lui-même, donc tyrannique, et Ultimecia devait avoir Squall (pour ne pas sombrer dans le désespoir), qu'elle a eu d'une certaine manière que nous conte la fin, précisons : la mort physique d'Ultimecia correspond à sa naissance psychologique (encore une fois, suggestion de l'immortalité de l'âme, incarnée, dans le cas d'une sorcière, dans ses pouvoirs, et d'un cycle éternel, propre au divin, ce qui n'a pas de devenir) puisque c'est au moment où Ultimecia disparaît que Squall est séparé de Linoa : il est le seul du groupe qui ne puisse retourner chez lui directement (et peut-être sa perte est-elle l'oeuvre dernière d'Ultimecia qui s'assure ainsi d'apparaître), et il erre sans fin dans une faille spatio-temporelle. Je pense que c'est à la mort de Squall qu'on assiste dans la cinématique de fin, quand il tombe à genoux sur un fond blanc (le blanc pouvant être interprété comme couleur de la mort- ainsi que de la pureté, ce que j'expliquerai plus loin), et qu'une plume blanche choît au sol.

Ce faisant, je pense que le choix des scénaristes aura été d'imaginer l'apparition d'une fracture temporelle, la naissance de deux éventualités, avec dans l'une*, Squall mourant seul et condamnant Linoa à l'attendre pour le reste de ses jours, enclenchant un compte à rebours du désespoir dans le coeur de la belle, qui aboutira à l'avènement d'Ultimecia, en d'autres mots, Linoa désabusée ; et dans l'autre éventualité, Linoa retrouvant son bien-aimé inanimé, le ramenant à la conscience et les rendant à même de couler des jours heureux ensemble (ce que raconte la fin).


II. ELUCIDATIONS


II.1. Adel et le pouvoir


Une remarque importante, pour compléter au sujet d'Adel et l'origine de ses pouvoirs: en se basant sur la cohérence intrinsèque de ce scénario complexe, il est improbable que tout en faisant partie du cycle de la vie d'Ultimecia- ce que l'on constate en cours de jeu, Adel ait hérité ses pouvoirs d'un mage X, non cité. Le fait que Linoa conserve ses pouvoirs et la fonction "Canonisation" après la fusion avec lui/elle, semble évoquer que les pouvoirs d'Ultimecia avaient été dédoublés : ceux du présent ("avatarisés" par Linoa, issus directement d'Edea) se séparent de ceux du futur (d'Ultimecia) à la mort d'Adel. L'hermaphrodite ne peut mourir avant de transmettre ses pouvoirs, ce qu'il/elle ne fait pas visiblement. Et pour cause ! Le transfert s'est effectué durant la fusion. Ainsi que la précision en est apportée dans la version japonaise de la soluce officielle de Final Fantasy VIII, Ultimecia hérite ses pouvoirs d'Adel. Evoquons ici la possibilité d'un dédoublement des réalités au moment de la mort d'Adel. Il a déjà été avancé que Linoa ne peut être Ultimecia car jamais elle n'aurait atteint le statut de nécromancienne sans l'intervention de cette dernière. On constate néanmoins l'objection faite, par l'origine même des pouvoirs d'Ultimecia, invoquée par la dite soluce japonaise (source pour le moins officielle): Adel.
Suivez donc le raisonnement: si Adel meurt à la fin du cd3, et comme elle a fusionné avec Linoa, cette dernière emporte logiquement ses pouvoirs puisque Adel meurt après le combat (ce qui aurait été impossible si elle ne s'en était pas libérée). D'ailleurs, ainsi qu'il a déjà été dit, Linoa conserve l'usage de "Canonisation" au CD4, donc (on cite, le glossaire) de "la manifestation de ses pouvoirs de nécromancienne". Or, Ultimecia déserte le corps de Linoa après la défaite d'Adel, grâce à l'intervention d'Ellone. Adel reste seul(e) possédé(e) juste avant la compression, et Linoa avatarise encore ses pouvoirs. C'est qu'elle garde de son côté la magie héritée de Edea, ainsi que celle d'Adel, acquise par la force des événements ; Adel, quant à lui/elle, possède seulement les pouvoirs d'Ultimecia au moment où se compresse le temps. Soulignons le fait que les pouvoirs d'un sorcier sont véritablement "reliés" à un corps à la fois (exception faite du cas de possession): c'est leur incarnation physique, et leur condition d'existence au monde. Il est donc logique qu'un dédoublement se soit opéré dans la mesure où la prêtresse du futur, Ultimecia, dont l'âme et les pouvoirs sont en Adel, garde son identité de corps avatarisé cependant qu'Adel doit être avatarisé(e) par la même énergie, préservatrice de son intégrité physique, le temps que s'accomplisse la compression. Ce moment étant à la fois très court et très long, dilatation d'un clignement d'oeil à l'éternité même, Adel a eu l'occasion d'emporter "son" pouvoir avatarisé vers un passé qui le/la concerne, alors qu'Ultimecia gardait le sien. Eclaircissons ce schéma. D'emblée vous pourriez émettre une réserve : on a dit que le pouvoir avatarisé par Adel s'est transmis naturellement à Linoa durant la fusion. Donc, Adel n'aurait plus de pouvoir pour lui/elle. Mais c'est pourtant le cas, puisque Adel continue d'être possédé(e), donc investie jusqu'à la compression. Au moment où cet événement magique se déclenche, Ultimecia est avatarisée par le même pouvoir que Adel, qui jusque là se contentait d'en être investi(e) comme il/elle était possédé(e). Il/elle devient avatar des pouvoirs d'Ultimecia au moment où les époques fusionnent, puisque la compression cause logiquement un effet "replica".

C'est ma théorie sur l'origine des pouvoirs d'Adel- périphérique à celle sur Ultimecia, qui ne fait pencher la balance identitaire dans aucun sens. Seulement elle souligne l'aspect cyclique de cette véritable "histoire des pouvoirs", et que la révélation de la soluce japonaise n'entrave pas la possibilité d'une identification de Linoa à la maîtresse de Cronos, parce que si Adel transmet ses pouvoirs à Linoa dans le cd3, elle les transmet en fait à Ultimecia. Parallèlement à cela, Adel a pu vraisemblablement emporter la replica des pouvoirs d'Ultimecia dans un certain passé.


II.2. Théories sous-jacentes

Cette élucidation m'amène à théoriser au sujet de la compression. La question est : pourquoi Ultimecia a-t-elle eu besoin de se projeter dans le passé pour compresser le temps ? Pour répondre à cela, interrogeons la nature même de la compression : si l'on pouvait se visualiser soi-même sur une ligne du temps, nous occuperions un point unique. Or, pour "tordre" cette ligne, et en faire un cercle parfait, il faudrait avoir deux appuis. Mais, le temps lui-même est à confondre avec l'éternité. Dès lors, on ne pourrait directement faire un cercle de la ligne du temps, car il n'y a pas d'extrémités de cette ligne à faire se toucher. Cependant, comme tous les événements ont une localisation dans le temps, et que tout instant est positionné par rapport aux autres, le fait de créer une boucle, ou plutôt un "noud" avec la matière du temps reviendrait à "tirer" l'éternité positive (le futur) et négative (le passé) vers cette boucle. Ainsi, plutôt qu'une "compression", le temps subirait une contraction. Si l'on fait un parallèle avec le dynamisme de l'Univers, on peut imaginer qu'après toute contraction doit avoir lieu une dilatation. Mais cela est une autre histoire.

La théorie de l'unicité des pouvoirs reste valide malgré les dédoublements temporels évoqués plus haut. Le pouvoir unique est dédoublé dans l'Histoire, à cause d'Ultimecia, comme un être humain qui se déplacerait physiquement dans le temps serait à même de rencontrer son double. Cette possibilité est d'ailleurs évoquée par la fin du jeu, au cours de la compression lorsque Squall peut rencontrer son "replica" enfant. La seule chose certaine qu'implique la compression à ce niveau des "replicas" est donc la possibilité pour eux d'exister simultanément, pouvant exister/vivre- et logiquement mourir (pour les êtres, non les pouvoirs)- en bref "devenir" indépendamment.

II.3. Indices formels

C'est considérant la première éventualité* que les mots d'Ultimecia durant la dernière phase du combat final prennent tout leur sens : "Le temps n'attends pas, quoi que tu fasses, quel que soit ton désir, le temps s'écoule comme du sable".


Bahamut (G-Force)
Acarnan (boss)


Monarch (passé) Minotaure (futur)

On peut deviner Ultimecia grâce à d'autres indices : comme ce boss Acarnan, clone de Bahamut, qui peut être interprété comme un souvenir qu'avait Ultimecia de cette G-Force, ou encore Minotaure comme celui de Monarch (toute quête annexe offerte par le jeu étant potentiellement le vécu de Linoa/Ultimecia, même si la pertinence de tout cela est soumise à l'assiduité du joueur). Egalement, lorsque Edea est contrôlée par Ultimecia et utilise Ice Strike sur Squall, on dirait qu'elle rate les organes vitaux du thorax (puisqu'il survit à la blessure) : on peut y voir un acte manqué, de l'amoureuse Linoa qui accuse une réminiscence de son amour pour le jeune Seed.


ICE STRIKE : Une attaque puissante, qui "échoue" de peu

Ensuite, comme on l'a dit d'emblée, le pendentif et la bague Cronos sont très importants, dont Ultimecia aura tiré l'inspiration pour créer sa G-Force éponyme (encore une fois, caractéristique divine, l'aptitude à créer la vie). Pourquoi aurait-on donné la possibilité au joueur de renommer Cronos (au moment de pénétrer le Galbadia Garden, disque 2), si ce n'était pour souligner la connexion étroite entre cette confidence sur la bague, que fait Squall à Linoa/Ultimecia, et la G-Force qui seconde le boss final ? Il faut voir dans la possibilité donnée de rebaptiser Cronos un réel indice, à l'utilité rétroactive. Cronos est donc le lien entre Squall et la Linoa du futur, donc Ultimecia ; ce lien est symbolisé par le pendentif que Squall possède, et la bague Cronos qu'il offrit à Linoa dans le "présent".



La tunique de Linoa
Encore un indice qu'on nous cède : les ailes d'Ultimecia. Elles rappellent celles que déploie Linoa lors de l'utilisation de sa fonction "Canonisation", qui sont par ailleurs imprimées dans le dos de son vêtement, entre les omoplates. La différence entre ces deux paires d'ailes réside dans leur couleur, Linoa ayant des ailes blanches comme celles d'une colombe (un peu de poésie n'a jamais fait de mal), et Ultimecia de sinistres ailes noires. C'est à ce niveau qu'il faut interpréter le blanc comme couleur de la pureté, de l'innocence, ce que connaissait relativement Linoa avant le grand drame de sa vie, la perte de Squall (qu'elle n'aura pu connaître que comme une disparition).


La plume blanche comme symbole

Au moment de la mort de ce dernier donc, que je situais plus haut, une plume blanche esseulée tombe au sol : j'y vois la métaphore d'une mort psychologique pour Linoa, dans ce qu'elle était de pureté (et aussi, mais de façon humoristique entre nous, une illustration de l'expression perdre des plumes) et le signe de l'isolement dans lequel elle va tomber, puisqu'on voit bien dans l'introduction du jeu que ces mêmes plumes blanches proviennent de Linoa sur la prairie. Le vent agité qui l'entourait en chassant les plumes, retombe dans le silence au décès de son bien-aimé. L'Ultimecia "corbeau" est donc la colombe Linoa brisée.



Le vrai but d'Ultimecia n'est jamais clair, et ne nous apparaît qu'au travers de suppositions d'Edea. Qu'elle ait souhaité recourir à la compression temporelle pour recueillir en elle les pouvoirs des nécromanciens de toutes les époques ne semble pas cohérent, par rapport à la qualité transgénérationelle du pouvoir. Car il s'agit bien d'un seul pouvoir, celui que Hyne a conféré, le pouvoir suprême qui passe d'une génération à l'autre, à une personne chaque fois, comme nous l'avons postulé. Ultimecia le possède déjà, il est arrivé jusqu'à elle !
Les faisceaux d'indices suggèrent plutôt qu'Ultimecia attend la fin de son attente. Elle espère Squall depuis si longtemps, que l'incertitude et le manque causé par son absence n'ont fait que croître. Que passé, présent et futur ne fassent qu'un est une solution envisagée par la prêtresse pour mettre fin au temps qui passe dans l'expectative, car si ses pouvoirs divins échappent au devenir, ce n'est pas le cas de la femme, qui ressent le poids des années.
Si l'on se fait une idée du schéma d'ensemble qui se dessine, on se rend compte que toute l'histoire entre dans une bulle, un cycle : Ultimecia meurt en assurant son apparition en tant que personne malfaisante, qui par cause de ses méfaits sera abattue. Tout le reste vient entre ces deux moments : mort physique et naissance psychologique (moments identiques au niveau temporel puisqu'à sa mort le temps ne passe plus, je trouve ça incroyable en l'écrivant !). Cette donnée renforce encore l'empathie qu'on peut ressentir d'avec Ultimecia, prisonnière d'une spirale sans fin (pour la blague, les sociologues l'appelleraient "cercle vicieux de la misère") dans laquelle il n'est rien d'autre à faire que patienter dans son château (sympa, dans le genre néo-gothique flippant) après le meurtre de tous les Seed du monde.
La seule part de scénario qui quitte la bulle, c'est la fin bienheureuse, l'éventualité seconde.


La citadelle : pas une colonie de vacances Un happy End ?



III. DES PREUVES QUI VIENNENT TOUT CASSER ?

III.1. L'argument des générations

Une preuve prétendument définitive a été avancée, pour briser cette théorie d'identification de Linoa à Ultimecia. Intéressante, elle reposait sur une phrase d'Edea au début du disque 3. "Ultimecia est une sorcière du futur, elle apparaîtra dans de nombreuses générations". La preuve correspondrait à l'interprétation de cette phrase de manière à nier la possibilité qu'Ultimecia soit déjà née à l'époque du scénario, et de ce point de vue, ce ne pourrait être Linoa. J'estime l'avoir annulée par les raisonnements suivants :

a. Si l'on ne dit à aucun moment que Edea a le moindre don de voyance, ce qui n'est cependant pas impossible vu qu'elle connaît le nom de son manipulateur, il n'est fait aucune allusion à une vision claire qu' Edea aurait eue de l'avenir. Elle ne peut prétendre savoir exactement le nombre de décennies écoulées entre la naissance de Linoa, et la provenance temporelle de visions éventuelles. Ceci rend déjà la "preuve" peu solide.
En fait, Edea ne doit savoir d'Ultimecia que ce qu'elle apprend au contact de Squall à l'orphelinat, au moment de la transmission des pouvoirs (disque 4). C'est à cette occasion d'ailleurs qu'elle apprend la future création du Seed, et qu'elle doit préparer le monde à combattre la sorcière qui posera problème (et donc le but du Seed n'est pas, comme on le lit trop souvent, de détruire toutes les sorcières, mais seulement de détruire la menace prévue, Ultimecia).

b. Comme on peut légitimement supposer que les caractéristiques biologiques des êtres humains dans le jeu sont calquées sur les nôtres, et comme nous sommes programmés pour vivre 120 ans (6 générations), il n'est pas impossible que Linoa soit devenue Ultimecia, car plusieurs générations peuvent largement être englobées par sa seule durée de vie. Quant à interpréter la portée de l'adjectif "nombreuses" utilisé par Edea, qui serait fou pour s'y risquer ?

c. En plus, mais cet énième argument est gratuit, l'excellente forme physique d'Edea et Ultimecia (cette dernière aux cheveux grisonnants évoquant un âge avancé) suggère que leurs pouvoirs leur confèrent une extraordinaire longévité. A propos de cette "transformation" de Linoa, notons bien qu'elle est d'ordre psychologique, ce qui techniquement prend du temps, ne s'opère pas comme une métamorphose subite. C'est ce qui résulte du désespoir de la jeune fille.


III.2. L'argument du "suicide"

La "preuve" était secondée par un argument qui se résume comme suit : Ultimecia a menacé la vie de Linoa à plusieurs reprises. Si elles sont confondues, Ultimecia se détruirait en détruisant Linoa. Là on peut faire intervenir le savoir que des "replicas" sont à même d'exister indépendamment, cela étant prouvé par la rencontre des deux Squall- si dans de nombreuses histoires de manipulations temporelles on craint la rencontre de deux fois la même personne, et des conséquences de cette rencontre, il n'en est pas question dans Final Fantasy VIII. Donc, Ultimecia n'aurait rien à craindre, d'autant qu'elle ne pourrait se tuer elle-même à une autre époque, pour une question de logique. Sans crainte de se nuire, il n'en demeure pas moins un caractère autodestructeur de son comportement...


III.3. La taxation de "circular reasoning"


Le "raisonnement circulaire", ou "circular reasoning" est ce dont on taxe le plus souvent les défenseurs de la théorie de l'identification. Il s'agit d'une idée que l'on se fait à l'avance, des résultats d'une recherche, et dont on se sert pour interpréter les résultats effectifs. Ce procédé incombe une certaine partialité, qui décrédibilise la démarche.
Il faut dénoncer les préjugés nécessaires à une taxation de raisonnement circulaire dans ce cas de l'identification de Linoa à Ultimecia. Car pour découvrir la vérité des scénaristes, et non tomber dans le piège du parti pris, il s'agit d'observer les indices, et considérer les pistes qu'ils suggèrent. Il y a abondance d'éléments dans le jeu, et parmi ceux qu'on a évoqué dans le texte, qui peuvent naturellement pousser une personne à penser que Linoa est Ultimecia. Par exemple, le rapport que j'ai déjà évoqué, entre Cronos (Griever) et Ultimecia, ne peut être vu comme une simple coïncidence, pas plus que la signification même du nom "Griever" dans la version américaine... Les défenseurs de la théorie de l'identification ne doivent pas négliger l'aspect factuel, mais les gens qui la nient non plus. Les adversaires à l'identification ne peuvent nier les nombreuses connexions effectuées par le jeu lui-même, et relevables d'une manière spontanée. Beaucoup d'indices forcent notre compréhension dans certaines directions. De fait, pour adhérer à l'identification, il n'est pas nécessaire de postuler qu'une théorie est probablement juste si on ne peut l'écarter. Celle-ci est du domaine du plausible, bien qu'impossible à vérifier. La théorie de l'identification existe avec autant de légitimité que toute thèse opposée. Celui qui la réfute doit faire face à autant d'incertitudes que l'adhérent ! Et si l'histoire est un cycle - avec les pouvoirs magiques de l'avenir voyageant dans le passé - il n'y a pas de "nécessité circulaire" dans le fait de suivre naturellement les pistes que suggèrent des faisceaux d'indices.


IV. CONCLUSION


Finalement, j'ose croire que les éléments apportés par cet essai confèrent à Ultimecia toute sa légitimité en tant qu'adversaire terminal, poste à haute responsabilité dans la série FF, surtout depuis Sephiroth. Elle fait partie intégrante du jeu, malgré les apparences qui tendaient à la reléguer au rôle de personnage brouillon à l'apparition tardive, boss improvisé presque en catastrophe, comme si les échéances données aux programmeurs pour la sortie du jeu avaient été raccourcies inopinément. Ce scénario de Final Fantasy VIII se révèle peut-être bien le plus subtil qu'on ait vu dans un FF. Il vaut sans aucun doute celui du septième opus, même si ce n'est pas en termes d'accessibilité !


le mystere d' ultimecia (ff dream) part 2
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# Posté le mercredi 20 mai 2009 06:21

Modifié le mercredi 20 mai 2009 06:40

la mort prématurer de ma cheriie (aeris)

la mort prématurer de ma cheriie (aeris)
Alors qu'elle est en prière au fond de la Cité des Anciens pour invoquer le Sacre afin qu'il s'oppose à la destruction de la planète planifiée par Sephiroth, celui-ci surgit soudain au-dessus d'elle, s'élançant dans le vide l'épée en avant. Il la transperce d'un coup d'épée en une fraction de seconde, la laissant sans aucun moyen de réaction. Clad et ses compagnons, sur les traces de Sephiroth, arrivent trop tard pour la sauver et ne peuvent qu'assister, horrifiés, à sa mort.

La scène de la mort d'Aeris est une des plus connue du monde du jeu vidéo et représente encore aujourd'hui un passage mémorable de ce genre vidéoludique. Elle survient à la fin du premier CD (dans la version originale Playstation). Même s'il n'est pas exceptionnel de voir un personnage jouable mourir dans un jeu vidéo, il est plus rare que la mort touche un acteur aussi central de l'histoire. Pourtant Aeris est, avec Clad, le personnage le plus mis en avant dans la première partie de Final Fantasy VII. Le contexte et la mise en scène de la mort du personnages ont été particulièrement travaillés et participent à rendre celle-ci marquante.

Graphiquement, Final Fantasy VII, l'un des tout premiers jeux de la PlayStation, propose des cinématiques d'une qualité sans commune mesure avec ce que permettaient les consoles de la génération précédente.

Musicalement, la seconde partie de la scène, dès que la vie quitte le corps d'Aeris, est accompagnée d'une musique devenue elle aussi un classique, l'Aeris Theme, aux sonorités simples, douces et mélancoliques, illustrant le personnage auquel il est associé.

Symboliquement, la scène multiplie les références, notamment à la religion chrétienne. Sephiroth, qui plonge sur sa proie, y apparaît comme le mal incarné frappant l'agneau innocent et incapable de réaction. L'extrême rapidité de l'action interdit d'emblée tout espoir; le drame est consommé. Lorsque le corps d'Aeris frappe le sol, le choc dénoue ses cheveux et laisse s'échapper la matéria blanche qu'elle y avait placée, qui roule et saute de rocher en rocher jusque dans l'eau dans un tintement mélodieux, symbole de l'étincelle de vie qui quitte le corps. Marquant la fin de cette scène, Clad immerge alors le corps d'Aeris dans un petit lac à l'extérieur du temple. Alors qu'elle s'enfonce lentement dans les flots, la caméra bascule imperceptiblement en contre-plongée et, placée en mouvement au-dessous d'elle, donne alors l'impression qu'elle monte vers le ciel tel un ange.

Mais c'est surtout la mort du personnage Aeris pour ce qu'elle représente qui choque et marque le plus : un exemple de douceur, d'humanité et de générosité absolue, renforcé encore par contraste avec le monde vicié et déshumanisé dans lequel se déroule Final Fantasy VII. Tout le contexte est méticuleusement travaillé pour rendre cette mort révoltante. L'injustice y est éclatante. C'est en quelque sorte le rayon de soleil du groupe qui s'éteint brusquement, plongeant les coeurs de ses compagnons dans l'obscurité, alors même que les tâches les plus dures restent encore à accomplir. Le désespoir que ressentent ses compagnons de route dans les instants qui suivent sa mort est ainsi transmis au joueur d'une manière particulièrement bien construite.

Il faut noter enfin que le sacrifice d'Aeris sera définitif et irrévocable, au sens qu'elle ne ressuscitera pas par la suite. Le scénario se distance ici de la symbolique du sacrifice chrétien et ajoute une touche de gravité réaliste au récit de Final Fantasy VII, se distinguant d'un cliché trop courant dans le monde du jeu vidéo de rôle et de la fiction en général[3], qui tend à faire revenir le protagoniste dans la suite du récit, une idée généralement issue de la vision romantique du sacrifice et de la résurrection. Son action juste avant sa mort s'avérera toutefois d'importance puisqu'elle contribuera à sauver la Terre du météore invoqué par Sephiroth. D'autre part, dans le monde Final Fantasy VII, la mort n'est pas une fin, surtout pour les Cetras comme Aeris. C'est dans la mort qu'elle réalisera ses actes les plus importants. La mort est différente pour les Cetras, leur conscience continue à vivre. Elle accepte la mort comme aucun autre personnage; c'est un aspect de sa personnalité que l'on découvre très tôt. Enfant, elle voit sa mère mourir mais dit peu de temps après que sa mère a rejoint la Planète, qu'elle n'est plus seule et triste. En grandissant elle continue à entendre sa mère lui parler. La mort n'est donc pas un obstacle pour elle.

# Posté le dimanche 19 juillet 2009 15:43